Flash info
12 janvier 2012
Pour commémorer cette  journée du souvenir qu'est le 12 janvier, les féministes  de la CONAP (Coordination Nationale de plaidoyer pour les droits des femmes) se retrouveront de  10h00 à 1h00 pm au local de la SOFA (Solidarité des femmes haïtiennes), au 9 rue Villemenay, Bois Verna (en face de Radio Kiskeya).

Rejoignez-nous pour saluer collectivement la mémoire de tous/toutes nos compatriotes disparus, en particulier celle de nos sœurs féministes (Anne-Marie Coriolan, Magalie Marcelin, Myriam Merlet) et des autres femmes fauchées le 12 janvier 2010.
 
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TÉMOIGNAGE POLITIQUE DE LA CONAP AU FORUM CITOYEN EXTRAORDINAIRE Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Attachez vos ceintures !

FOKAL, LE 16 NOVEMBRE 2006

ImageParce que nous ne croyons pas au consensus ; nous sommes porteuses d’une parole féministe plurielle, que nous voulons être celle de toute la mosaïque de femmes d’Haïti.

La Coordination Nationale de Plaidoyer pour les Droits des Femmes (CONAP) est une Plateforme d’organisations féministes et féminines, coordonnée par ENFOFANM, FANM DESIDE JAKMEL, KAYFANM, SOFA et REFRAKA et construite par des femmes d’horizons divers qui s’entendent pour conjuguer leurs efforts pour faire avancer leurs revendications et changer la condition des femmes de toutes situations socio-économiques en Haïti.

Nous nous réclamons du matrimoine dont ont accouché nos héroïnes de Kiskeya, comme Anacaona ; nos ancêtres de Ayiti Thomas, comme Catherine Flon. L’Haïti que nous rêvons de construire parce que nous croyons qu’un autre monde est possible avec un idéal libertaire légué par Défilé, dans la conquête de nos Droits politiques chèrement gagnés par la clairvoyance et les sacrifices de nos aînées de la Ligue Féminine d’Action Sociale ; dans la rébellion citoyenne menée par les résistantes à la dictature duvaliériste telles Yvonne Hakim Rimpel et Yanick Rigaud ; dans la dignité comme Viola Robert; dans la lutte pour la justice, comme Marie Carmelle nous en a donné l’exemple, enfin dans la sororité qui nous anime toutes, garante de nos liens solidaires en Haïti, comme dans les autres pays.

Aujourd’hui, nous sommes venues témoigner du fait que KONAP est partie prenante du Forum Citoyen et illustrer les raisons qui nous portent à être signataires du Pacte. Afin que nul ne l’ignore, nous sommes venues partager la parole portée par notre plateforme, partagée par plus de 90 autres organisations de femmes et groupements de femmes opérant au sein d’organisations mixtes, à travers les départements du Sud, Sud-Est, Nord, Nord-Est, Artibonite, Grande-Anse, et de l’Ouest et qui interpelle, sans équivoque les actuels titulaires du gouvernement et de l’appareil d’État.

Nous avons acquis nos lettres de noblesse au sein du mouvement des organisations de femmes de ce pays, et, par là, sommes partie intégrale du secteur des organisations de défense des Droits Humains qui se réclament de la société civile et entendent être parties prenantes de la reconstruction nationale.

C’est pour quoi, dans le cadre de notre témoignage éminemment politique, nous voulons situer le contexte général de la réalisation de ce Forum Citoyen Extraordinaire. Alors que la thématique qui doit être développée à ce panel doit se rapporter à la participation citoyenne à l’élaboration de la norme et de la politique de la nation en matière de justice, nous constatons malheureusement que depuis plus de 20 ans, en dépit de quelques efforts, Haïti est loin d’entrer dans un processus de normalisation tel que souhaité par les citoyennes et citoyens.

Les élections ne suivent jamais scrupuleusement les principes établis. Dans les 2 dernières décennies, nous avons observé que tous les processus électoraux ont été entachés d’interventions anti-démocratiques, de pratiques irrégulières et frauduleuses et parfois violentes. Et ceci, malgré la volonté manifeste des citoyennes et citoyens de ce pays de participer au choix de leurs dirigeantes et dirigeants

La souveraineté d’Haïti, si nous pouvons encore parler de souveraineté, est très limitée, dans la mesure ou le pays est occupé. Notre situation de dépendance est devenue un fait accompli avec l’ingérence de la MINHUSTAH dans tous les espaces de la vie nationale.

En plus de contrôler l’appareil d’État, la MINHUSTAH mène une politique systématique de cooptation des initiatives des différents secteurs sociaux. Sa présence est manifeste dans nombre d’activités politiques et socio-culturelles commanditées ou récupérées par ses experts internationaux.

Ses interférences dans l’administration de la justice en faveur d’un certain secteur politique et son mépris de certaines organisations de défense des Droits Humains sont notoires

D’un autre coté, en plus de l’absence de volonté manifeste de nos dirigeants de rompre avec l’impunité, les citoyens et citoyennes tendent à l’accepter et l’instituer en norme, si bien que dans les cas extrêmes, parfois les parents des victimes de viols pas exemple, se seraient estimés heureux d’obtenir un dédommagement en compensation à l’acte de viol commis contre leurs mères, filles, sœurs ou compagnes. On dirait en ce sens que le dédommagement peut se substituer à la justice.

L’orientation néolibérale domine les politiques appliquées par le gouvernement Préval-Alexis, souscrit aux diktats de puissances étrangères et les institutions internationales, au détriment des intérêts nationaux.

En d’autres termes, pour résumer, nous disons que ce forum se réalise dans un contexte de faiblesses institutionnelles, d’occupation, de dépendance économique et d’impunité.

Cet environnement sociopolitique et économique qui n’a cesse de se détériorer, si nous retenons, pour situer historiquement notre témoignage politique, les 20 dernières années, a certes des répercutions sur le mouvement social haïtien. Cependant, il ne l’a pas complètement paralysé.

Le mouvement féministe s’est toujours révélé dynamique dans ses actions. En effet, à partir de l’ouverture d’espaces publics de discussions - bien que mal structurés au sien du mouvement démocratique post 1986 dominé par les machistes léninistes de l’époque – les femmes de ce pays, regroupées pour la plupart dans des groupements de base d’obédiences ou sous influence des TKL, ont repris le flambeau de la LFAS.

Nous étions plus de 300 mille dans les rues de la capitale, et des milliers dans les villes de province à travers le pays, nous avions recouvré nos voies bâillonnées par prés de 20 ans de dictature, clamant haut et fort nos revendications séculaires :
- Participation politique
- Droit au travail sans harcèlement sexuel
- Droit à l’accès à la terre
- Justice, justice, justice!

Tout au long des différents régimes civilo-militaires, nous n’avons eu cesse de demander justice, de revendiquer nos droits citoyens. Notre quête de justice sociale, économique, politique, culturelle, nous l’avons consigné en 1987 dans ce Pacte national que représente la nouvelle constitution, malgré ses faiblesses. Au sein de nos organisations bourgeonnantes, nous n’avons eu cesse de revendiquer notre quête d’équité dans les rapports de pouvoir entre les hommes et les femmes, l’État et la société civile, les nantis et les exclus.

Notre lutte contre la violence systémique de notre société, nous l’avons payé cher et dans nos chairs, plus particulièrement pendant le coup d’État de 1991, ou l’utilisation du viol comme arme politique a rendu Haïti tristement célèbre dans le concert des nations. Nous avons construit le premier espace publique de discussion sur ce fléau, en organisant, en plein coup d’État, le Tribunal international symbolique sur les viols perpétrés par les militaires pushistes et le FRAPH.

Malgré le retour à l’ordre constitutionnel en 1994, les enfants du coup d’État et leurs parents qui avaient conduits la résistance n’ont pas obtenu justice. La Commission Nationale de Vérité et de Justice a été cooptée, banalisée, et les plaintes des victimes enterrées dans les tiroirs des dignitaires de l’appareil judiciaire.

Suite à une manifestation dans les rues de la capitale, réunissant 3 mille femmes de tous les secteurs en mars 1991, exigeant la mise en place d’une structure étatique de haut niveau pouvant porter les besoins spécifiques et stratégiques des femmes aux grandes instances décisionnelles, en novembre 1994, le gouvernement Aristide II, publia un décret, portant création d’un Ministère, qui est devenu le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes. Toutes considérations mises à part, le MCFDF représente l’unique structure de référence publique pour les femmes

Ce Ministère, nous le revendiquons – non pas dans une démarche démagogique du « Leta se nou nou se Leta », mais dans une démarche de plaidoyer lucide pour son maintient et la responsabilisation de son rôle normatif en matière de défense des droits des femmes et d’amélioration des termes de la condition féminine en Haïti. Depuis, notre moto est devenu : « Yo ban nou l pou jwèt, nou pran l pou toutbon ! »

Développant une forme de lutte qui se repose sur la dénonciation des politiques publiques et la formulation des revendications relatives à la promotion la protection et le respect des droits économiques, sociaux et culturels des femmes, les actions du mouvement féministe ont eu des impacts positifs en termes de visibilité, mais très limités en termes d’acquis.

A partir du moment ou se profile le plaidoyer comme autre forme de lutte, nous avons envisagé de revisiter notre stratégie. Naturellement, le temps, l’expérience et les pratiques de travail collectives nous ont permis d’atteindre un niveau de maturité pour la mise en place d’une structure unitaire, à savoir la CONAP. Donc, CONAP est le résultat d’un long processus. Il est aussi évident que nos voix résonnent davantage quand nous conjuguons nos forces

Le 3 avril 1996, les protagonistes du mouvement ont obtenu la ratification de la convention Belèm Do Para, fruit du plaidoyer sans relâche du le Comité de Négociation des Femmes avec les Parlementaires de la 46ième législature. Dès lors, nous avons décrété, en toute souveraineté citoyenne, le 3 avril : « Journée nationale du mouvement des organisations des femmes haïtiennes ».

Dans un pays ou le viol était classé dans la rubrique des attentats à la pudeur dans le code pénal et n’est toujours pas défini, aucune précision quant au lien de parenté pouvant exister entre la victime et son agresseur n’est portée, ces vides ne peuvent donner lieu qu’à des interprétations diverses et compromettre les procédures judiciaires, en dépit du décret-loi, inspiré d’une proposition de loi faite par CONAP et publié par l’Exécutif en août 2005, à l’instigation du MCFDF.

En ce sens, la ratification de la Convention Interaméricaine pour prévenir, sanctionner et éradiquer la violence contre les femmes, qui reconnaît la violence faite aux femmes comme une violation des droits humains et des libertés fondamentales, constitue un premier pas dans la lutte des femmes haïtiennes de doter le pays d’instruments légaux adéquats pour combattre la combattre la violence de genre.

Depuis 2000, nous avons travaillé collectivement à nous réapproprier l’histoire de la contribution des femmes à la lutte pour la réforme de la justice en Haïti, en devenant, plus que jamais, des actrices organisées. C’est dans ce contexte que nous avons construit, avec nos ongles, un troisième espace public de discussions sur la condition féminine, au sein de la Marche Mondiale 2000, aux cotés de nos sœurs du Québec, de la Caraïbe et de l’Amérique Latine, d’Afrique et d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Nord.
Nous y avons versé nos revendications propres et avons déposé notre cahier national de revendications par devant l’Exécutif d’alors, et avons obtenu la fin de non recevoir que l’on sait. Aujourd’hui encore, face aux acteurs des violences qui oeuvrent en toute impudence dans l’appareil d’État et opèrent en toute impunité contre les populations sans défenses, utilisant le corps de femmes comme territoire de guerre tout en continuant de bénéficier de la complaisance et de la collusion du pouvoir, nous nous devons de redire haut et fort : Assez ! Jamais plus !
Plus que jamais aussi, nos revendications, consignées depuis 2000 demeurent. Si consensus il y a entre nous, depuis la création de notre Plateforme le 17 octobre 2002, c’est un pacte implicite autour de notre détermination commune à juguler les fléaux que constituent les violences faites aux femmes, la féminisation et juvénilisation de la pauvreté. Tel est le sens de notre combat pour le respect et la jouissance des droits des femmes

Notre Pacte participe de la vision de toutes les féministes du monde entier qu’un autre monde est possible, tel que le proclame la Charte de la MMF :
- Égalité : Konstitisyon peyi d Ayiti rekonèt tout moun egalego ; zafè pou fanm dwe mache anba lobedyans gason dwe fini !
- Liberté : Bije yon fanm riske lavi l nan fè avòtman nan move kondisyon depaman ak respè dwa fanm !
- Solidarité : Pou rèl koze n pale, nap mahe. Pou rèl koze n vanse, nap mache. Rèl grangou, lamizè, se kont sa n ap mache. Enpinite, vyolans sou fanm, se kont sa n ap mache
- Justice : Politik ekonomik yon peyi dwe chita sou dwa chak moun genyen pou viv nan diyite, Sèvis sante fanm ak matènite sou tout teritwa peyi d Ayiti pou fanm sispann mouri.  Kò fanm pa teritwa lagè ; sòti koudeta, pase nan operasyon sezaryèn, rive nan operasyon Bagdad, klima laterè a chita sou kadejak sou fanm. Fanm ayisyèn yo mache pou rèl koze yo vanse, pou sosyete a derefize vyolans sou fanm
- La Paix : Lapè se pa yon demagoji politik. Lapè chita sou respè dwa tout moun. Gen lapè loske tout moun, fanm kou gason, ka viv nan diyite !

Dans ce plaidoyer, la contribution de la CONAP est endogène. Nous sommes des rebelles, des rêveuses qui ont les pieds bien plantés dans la réalité d’injustice économique, sociale, culturelle et politique d’Haïti. En matière de lutte pour la défense des droits des femmes, notre Plan d’Action du 17 octobre 2002 à ce jour demeure inchangé :
1- Campagne contre les violences faite aux femmes
2- Campagne pour la Santé des Femmes
3- Sensibilisation sur le travail des Femmes
4- Campagne contre la féminisation de la pauvreté
5- Renforcement des institutionnel des organisations de femmes et consolidation du mouvement au niveau national

Notre témoignage politique au FCE en matière de réforme du système d’injustice et du régime d’impunité en place, participe du fait que nous affirmons que toute réforme de la justice devra comprendre non seulement une ré-élaboration de certains articles désuets des codes de loi, du système lui-même qui demeure attaché au code napoléonien, mais aussi et surtout à une réorganisation de l’administration de la justice.

L’heure est venue d’opérer une redistribution des juridictions judiciaires ; chaque section communale devrait avoir son propre tribunal de paix et la PNH, à titre d’auxiliaire de la justice, devrait être transformée en une police de proximité

Le pouvoir judiciaire devrait être doté d’un organe consultatif, qui servirait de passerelle avec le bâtonnier de l’ordre des avocats, les représentants-tes des organisations de défense des Droits Humains et le Protecteur du Citoyen. Un tel organe devrait être doté d’un mandat facilitant le monitoring des instances suivantes : tribunaux de paix, cabinets d’instructions, tribunal correctionnel et pénal et même la Cour de Cassation.

Pour verser des propositions concrètes au sein de l’espace construit par les différents FC, culminant avec la tenue du FCE il nous apparaît primordial de rappeler les axes fondamentaux du travail acharné de notre plateforme qui participe d’une lutte pour une participation citoyenne critique et plurielle à la construction nationale dans le domaine de la justice, incluant les apports radicaux du mouvement des organisations de femmes à travers le pays, pour de véritables débats intersectoriels sur la nécessité, nom pas de réforme cosmétique, mais de changements structurels profonds du système en vigueur.

Une telle réforme ne saurait se faire en dehors des principes suivants :
• Égalité, parité et équité : les femmes sont les matrices de la société
• Participation populaire, bien au-delà des corsets électoralistes prêts à porter dictés de l’étranger
• La gouvernance de la justice concerne également le MCFDF qui fait partie intégrale de l’Exécutif. Sur la base du Protocole contracté en 2005 avec la CONAP, ce Ministère devrait aller plus loin que la formulation d’un Plan national de lutte contre les violences faites aux femmes et la tenue d’Ateliers de travail sur ce fléau. Conformément aux engagements pris par sa prédécesseure, l’actuelle titulaire devrait tout faire pour mettre en place un Conseil Consultatif fonctionnel, comme organe normatif servant de passerelle avec les organisations du mouvement.
• La gouvernance de la justice ne concerne pas seulement le Ministère de la justice et les tribunaux ; les Commissions parlementaires du pouvoir Législatif devraient se doter de mécanismes similaires
• En matières de santé publique, pour que les femmes ne meurent plus d’avortements réalisés dans de mauvaises conditions : dépénalisation de l’avortement ; que les Ministères de la Justice et de la Santé Publique fassent reconnaître les certificats médicaux émis par les professionnels de la santé - tant du secteur public que privé - et que le Premier Ministre – celui-là même qui s’était engagé à le faire par devant nous en 2002 –, en tant que Chef du Gouvernement,  fasse une lettre circulaire à cet effet, mettant fin aux actes manqués par rapport à la parole donnée
• En matière de code pénal, pour que le corps des femmes cesse d’être territoire de guerre : prison à perpétuité pour les violeurs, tel que décrété dans le décret-loi en vigueur depuis août 2005
• En matière de sécurité publique : démantèlement des gangs armés, jugement des criminels, destruction du banditisme fabriqué à des fins politiques

Comme nous avons eu à le déclarer le 18 octobre dernier, une telle réforme ne saurait se concevoir dans l’actuel contexte d’occupation. Là-dessus, la position de notre Plateforme est et demeure non négociable. Elle rejoint en ce point la prise de position publique du GARR qui, si besoin était, a mis a nu les desseins d’un certain secteur au sein des forces onusiennes d’occupation, dans leur compréhension raciste du rôle de l’ONU, taxant notre pays de menace pour nos frères et sœurs de la République voisine, voire de foyer d’instabilité mondiale.

Comme nous tenons à le proclamer, une telle réforme ne saurait se réaliser dans l’actuel contexte d’impunité dont se réclament certains dignitaires de l’Exécutif, du Législatif et de l’appareil judiciaire en place.

Comme nous venons de le signaler, une telle réforme ne pourra voir le jour tant et aussi longtemps que sera tolérée la mise en otage des citoyens et citoyennes par les bandes armées jouissant de la complaisance des responsables du gouvernement en place, de la collusion de la communauté internationale et de la complicités de certains secteurs au sein de la société civile.


Au nom de la CONAP :

Jesi Chancy-Manigat & Marie Frantz Joachin

 

 
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