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À l'occasion de la Journée internationale contre la violence faite aux
femmes le 25 novembre dernier, Kay Fanm a déployé une série d'activités à
travers Haïti. Des projets d'animation, de distribution de matériel
d'information et de sensibilisation, posters et interventions dans les
médias ont eu lieux jusqu'au 10 décembre dans le Département de l'Ouest,
celui du Sud-Est et le Département des Ne Collectif contre l'impunité, dont fait parti Kay Fanm, dévoilait hier un amicus curiae dans les locaux du Réseau national de défense des droits humains.
Cet avis juridique démontre que:
- le droit international s’applique en Haïti
- il n’y a pas de prescription, ni d’amnistie pour les crimes contre l’humanité
- des crimes contre l’humanité ont été allégués sous le gouvernement de Jean-Claude Duvalier
- des crimes dans le droit haïtien en vigueur peuvent constituer des crimes contre l’humanité
- Jean-Claude Duvalier est responsable des actes délictueux commis par l’État haïtien
- Jean-Claude Duvalier peut être poursuivi
Le contexte national continue cependant à provoquer de graves inquiétudes et porte notamment à s’interroger sur la volonté politique de l’État
à tout mettre en œuvre pour que la justice puisse effectivement suivre
son cours alors que la justice haïtienne est incapable de faire
respecter une assignation
à résidence et que l'on note des actes d'intimidation à l'encontre de
médias donnant écho au
dossier tels que Radio Kiskeya et Mélodie FM.. Réclamer que Jean-Claude Duvalier rende compte des actes de ses 15 ans de pouvoir sans partage est une exigence éthique.
Il y a présentement 22 plaintes déposés au parquet de Port-au-Prince contre l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier.
Documents relatifs:
- Communiqué du Collectif du 14 décembre 2011 (créole - PDF)
- Communiqué du Collectif du 14 décembre 2011 (français - PDF)
- Fiche d'information sur l'amicus du 14 décembre 2011 (créole - PDF)
- Fiche d'information sur l'amicus du 14 décembre 2011 (français - PDF)
Les versions complètes de ces documents sont plus bas.
VERSIONS FRANÇAISESb
Collectif contre l’impunité
Des plaignants-es, contre l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier et
consorts, et des organisations de défense des droits humains Centre
œcuménique des droits humains (CEDH) - Kay Fanm (Maison des
femmes)
Mouvement des femmes haïtiennes pour l’éducation et le développement
(MOUFHED) - Réseau national de défense des droits humains (RNDDH)
Point focal: Centre œcuménique des droits humains (CEDH) -
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Communiqué
Jean-Claude Duvalier peut être poursuivi pour les exactions de son régime
(PDF)
Cela fait 11 mois depuis de l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier est
revenu en Haïti après s’être exilé pendant 25 ans en France. 11 mois
depuis que des plaignants-es se sont présentés par-devant les
tribunaux pour exiger le jugement de l’ex Président à vie pour des
crimes contre l’humanité commis sous son gouvernement; pour réclamer
que justice soit rendue aux milliers de personnes de toutes conditions
que le régime a emprisonnées, torturées, exécutées, fait
disparaitre, déportées. 11 mois depuis que des organisations
nationales et internationales exhortent l’État haïtien à se plier à
ses obligations en matière de respect des droits humains.
Le Collectif contre l’impunité a symboliquement choisi la période de
commémoration de la Déclaration universelle des droits humains (10
décembre) pour réaffirmer sa détermination à poursuivre les
démarches visant au jugement de Jean-Claude Duvalier pour crimes contre
l’humanité. En tant qu’Haïtiens et Haïtiennes, nous sommes au cœur
même de l’humanité. En nous libérant de l’esclavage en 1804, nous
avons proclamé notre humanité pleine et entière. En étant, en 1945,
parmi les 19 pays signataire de la charte de Nuremberg établissant le
tribunal pour juger les crimes du nazisme, nous avons à nouveau
attesté de notre appartenance à l’humanité. En 1946, en étant membre
fondateur des Nations Unies, nous avons contribué à codifier de
manière irrévocable les droits humains. En 1986, en mettant fin à la
féroce dictature des Duvalier, nous avons réitéré notre volonté de
construire un État de droit démocratique, donc soucieux du respect de
l’intégrité des personnes. Haïti a donc toute légitimité pour poser
la question des crimes contre l’humanité.
Le Collectif a expliqué le sens de sa démarche, une quête de justice
et donc de vérité pour contribuer à ce que la nation confronte son
histoire plutôt que de la subir ou de feindre de l’ignorer. Réclamer
que la justice se prononce sur des crimes qui ont si douloureusement
marqués notre vie de peuple, inviter nos compatriotes à réfléchir
sur les mécanismes de la dictature des Duvalier, cela ne s’apparente en
rien à une stérile recherche de vengeance.
Depuis que le Collectif s’est lancé dans ce combat spécifique contre
l’impunité et le révisionnisme, d’autres voix, d’ici et d’ailleurs, se
sont solidairement mêlées à la nôtre. Ainsi, avec le concours de
juristes internationaux1 il a été élaboré un Amicus, c'est-à-dire
un commentaire juridique destiné à aider les autorités judiciaires.
Le document indique comment le cas de Jean-Claude Duvalier peut être
traité et en quoi les allégations concernant le caractère soit disant
illégal d’une inculpation de l’ex dictateur ne sont pas fondées, tant
au regard de la législation haïtienne que du droit international
obligeant Haïti. L’Amicus, démontre que:
- le droit international s’applique en Haïti ;
- il n’y a pas de prescription, ni d’amnistie pour les crimes contre l’humanité ;
- des crimes contre l’humanité ont été allégués sous le gouvernement de Jean-Claude Duvalier ;
- des crimes dans le droit haïtien en vigueur peuvent constituer des crimes contre l’humanité ;
- Jean-Claude Duvalier est responsable des actes délictueux commis par l’État haïtien ; et
- Jean-Claude Duvalier peut être poursuivi.
Le contexte national continue cependant à provoquer de graves
inquiétudes et porte notamment à s’interroger sur la volonté
politique de l’État à tout mettre en œuvre pour que la justice puisse
effectivement suivre son cours. Réclamer que Jean-Claude Duvalier rende
compte des actes de ses 15 ans de pouvoir sans partage est une exigence
éthique.
Port-au-Prince, le 14 décembre 2011
Pour le Collectif
Danièle Magloire
1 Patricia Sellers, ex cheffe adjointe de la Section des avis
juridiques, Bureau du Procureur du Tribunal pénal international pour
l’ex- Yougoslavie et conseillère juridique spéciale à la Division
Genre et Droits de la Femme de Haut Commissaire des Nations Unies pour
les Droits de l’Homme, Open Society Justice Initiative et Avocats sans
frontière Canada (ASFC).
Amicus curiae - Commentaires destinés à aider les autorités judicaires
Fiche d’information
Jean-Claude Duvalier peut être poursuivi
(PDF)
Le 16 janvier 2011, Jean-Claude Duvalier, ancien dictateur d’Haïti, est
retourné dans son pays après 25 ans d’exil en France. Il fait
actuellement l’objet d’une instruction relative à des actes
délictueux, notamment corruption, tentative de meurtre et
séquestration, ou emprisonnement illicite. Ses avocats ont publiquement
déclaré qu’il bénéficiait d’une immunité de juridiction quant aux
actes répréhensibles qui auraient été commis pendant ses 15 années
de pouvoir de 1971 à 1986.
Cet argument, exposé en pleines pages de publicité dans la presse
haïtienne, consiste, entre autres choses, à prétendre que les crimes
commis sous le régime de Jean-Claude Duvalier devraient être prescrits
par l’effet d’une Loi de d’amnistie adoptée en 1986 et de l’article
466 du Code d’instruction criminelle (référant au Décret du 4 juillet
1988) et que Jean-Claude Duvalier ne pourrait être jugé pour des
crimes contre l’humanité par-devant une juridiction haïtienne.
La thèse contraire, selon laquelle Jean-Claude Duvalier doit et peut
être jugé en Haïti, est beaucoup plus solide car, fondée sur le
droit à la fois international et national. Sous l’instigation d’Open
Society Justice Initiative, des juristes de différents pays ont
procédé à une analyse juridique détaillée de la jurisprudence
pertinente. Cette analyse, un Amicus curiae, est présentée aux
autorités judicaires haïtiennes. Elle soutient les 5 points suivants:
Le droit international s’applique en Haïti; Pas de prescription, ni
d’amnistie pour les crimes contre l’humanité; les crimes contre
l’humanité allégués sous le régime de Jean-Claude Duvalier; les
crimes dans le droit haïtien en vigueur peuvent constituer des crimes
contre l’humanité; Jean-Claude Duvalier est responsable des actes
délictueux commis par son gouvernement.
Le droit international s’applique en Haïti
Le droit international qui, selon la Constitution haïtienne de 1987 en
vigueur, fait partie de la législation du pays exige des États qu’ils
enquêtent sur les crimes qui choquent la conscience de l’humanité.
Haïti a l’obligation de poursuivre les crimes contre l’humanité en
vertu de deux traités importants qu’Haïti a ratifiés depuis son
adhésion aux Nations Unies en tant que membre fondateur et des normes
définies par sa propre Constitution.
Le fait qu’Haïti n’ait pas signé certains traités internationaux, ni
accepté la compétence de la Cour pénale internationale importe peu.
Pas de prescription, ni d’amnistie pour les crimes contre l’humanité
Les avocats de Jean-Claude Duvalier ont soutenu qu’il était illégal de
poursuivre leur client maintenant car, la loi d’amnistie du 18 juin
1986 et l’article 466 du Code d’instruction criminel (introduit en 1988)
avait instauré un délai de prescription destiné à prévenir la
poursuite des crimes au-delà de 10 ans. Cependant, ce délai de
prescription pour des crimes contre l’humanité commis sous le
gouvernement de Jean-Claude Duvalier est illicite en vertu du droit
international et n’a aucunement force de loi.
Les crimes contre l’humanité allégués sous le régime de Jean-Claude Duvalier
Le fait que les crimes considérés soient survenus dans les années
1970 et 1980 ne privent pas les juridictions haïtiennes de compétence.
Déjà dans les années 70, des juridictions dans le monde entier ont
précisé que les crimes en question étaient prohibés en vertu du
droit international coutumier.
Les crimes contre l’humanité constituaient ainsi clairement des crimes
en droit coutumier international dans les années 70 et, dès lors, il
ne peut être soutenu que Jean-Claude Duvalier ne savait pas que ces
actes étaient illicites et pourraient être jugés.
Haïti était également membre des Nations unies lors de l’adoption de
cinq Résolutions de l’Assemblée générale qui traitent du châtiment
des individus coupables de crimes contre l’humanité. En qualité de
chef de l’État haïtien, Jean-Claude Duvalier ne pouvait qu’être
conscient qu’une politique étatique d’incarcération de
prisonniers/prisonnières politiques, de déportation forcée,
d’assassinat, d’organisation de la disparition de dissidents/dissidentes
et la pratique de travaux forcés ou de mise en esclavage pouvaient
bien avoir atteint le seuil minimum permettant de les qualifier de
crimes contre l’humanité.Les crimes dans le droit haïtien en vigueur
peuvent constituer des crimes contre l’humanité
Légalement rien n’empêche les autorités judiciaires d’inculper
Jean-Claude Duvalier de crimes nationaux et de qualifier les faits comme
faisant partie d’une attaque généralisée et systématique contre la
population civile, les définissant ainsi comme étant des crimes contre
l’humanité et les plaçant hors du champ d’application de la loi
d’amnistie de 1986 et de l’article 466 du Code d’instruction criminelle
relatif à la prescription.
Jean-Claude Duvalier est responsable des actes délictueux commis par l’État haïtien
Jean-Claude Duvalier est responsable des actes délictueux nationaux
décrits brièvement ci-dessus en vertu de trois types de
responsabilité.
Premièrement, il est responsable en tant “qu’auteur indirect” car, ces
crimes ont été commis dans le cadre d’un appareil d’État placé sous
son autorité, si la justice peut établir un lien de causalité entre
les ordres du dirigeant et les crimes allégués.
Deuxièmement, la responsabilité peut découler du principe de la
“responsabilité des complices” si un supérieur incite ou aide à la
perpétration des crimes ou l’encourage. L’article 45 du Code pénal
haïtien prévoit qu’une personne peut être jugée et condamnée en
tant que complice à trois conditions: la première, un acte sous-jacent
ou un crime principal; la deuxième, un acte de complicité avant ou
pendant le crime; et la troisième, une intention criminelle, ou une
participation consciente à l’activité criminelle.
Troisièmement, Jean-Claude Duvalier est aussi responsable des crimes
allégués au regard de la doctrine de la “responsabilité
hiérarchique” en droit international coutumier. Selon cette théorie,
les membres du commandement militaire et les supérieurs hiérarchiques
non-militaires sont responsables des actes délictueux commis par les
soldats ou la police placés sous leur contrôle effectif, lorsqu’ils
savaient ou auraient dû savoir que des actes répréhensibles étaient
commis et qu’ils ne les ont pas empêchés, ou ne les ont pas punis
après les faits.
Conclusion - Jean-Claude Duvalier peut être poursuivi
Haïti possède la compétence requise pour juger des crimes contre
l’humanité sur le fondement de son droit constitutionnel et en raison
de ses obligations internationales impératives, en vertu tant du droit
pénal international que du droit international relatif aux droits
humains. Comme tel, Haïti est tenu d’exercer et de mettre en œuvre sa
compétence concernant les crimes contre l’humanité et par conséquent
de poursuivre, de juger et, s’il est trouvé coupable, de condamner
Jean-Claude Duvalier.
A défaut, Haïti doit extrader Jean-Claude Duvalier vers un pays prêt
à poursuivre pour des accusations de crimes contre l’humanité. Ni la
prescription ou l’amnistie, ni les principes de légalité qui
empêchent la poursuite ou la condamnation rétroactive n’interdisent
aux autorités judiciaires, y compris le magistrat instructeur et le
Commissaire du gouvernement (Procureur de la République), de
reconnaître le droit haïtien d’exercer leurs compétences en matière
de crimes contre l’humanité en ce qui concerne Jean-Claude Duvalier.
VÈSYON KREOL YO
Collectif contre l’impunité
Des plaignants-es, contre l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier et
consorts, et des organisations de défense des droits humains Centre
œcuménique des droits humains (CEDH) - Kay Fanm (Maison des
femmes)
Mouvement des femmes haïtiennes pour l’éducation et le développement
(MOUFHED) - Réseau national de défense des droits humains (RNDDH)
Point focal: Centre œcuménique des droits humains (CEDH) -
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Kominike
Lajistis ka pouswiv Jean-Claude Duvalier pou ekzaksyon rejim li an
(PDF)
Sa fè 11 mwa depi ansyen diktatè Jean-Claude Duvalier (Jan Klod
Divalye) retounen ann Ayiti, apre li te ekzile tèt li pandan 25 lane an
Frans. Sa fè 11 mwa depi viktim pote plent devan lajistis pou ekzije
li jije ansyen Prezidan avi a pou krim kont limanite ki te komèt sou
gouvènman li a ; Y ap mande jistis pou latriye moun, tout kategori
sosyal, rejim nan te fèmen nan prizon, totire, touye, fè disparèt,
ekzile. Sa fè 11 mwa depi òganizasyon ann Ayiti ak aletranje ap mande
Leta ayisyen pou li konfòme li ak obligasyon li genyen parapòta dwa
moun.
Kolektif kont enpinite a chwazi epòk senbolik komemorasyon Deklarasyon
inivèsèl dwa moun (10 desanm) pou li redi detèminasyon li genyen pou
rapouswiv ak demach k ap chache jwenn jijman Jean- Claude Duvalier pou
krim kont limanite. Kòm Ayisyen ak Ayisyèn, nou se pitit vant
limanite. Lè nou kase chenn lesklavaj an 1804, nou dekrete solanèlman
tout imanite nou. An 1945, Ayiti te pami 19 peyi ki te siye akò pou
tribinal ki te gen pou jije krim nazi yo; yon lòt fwa ankò nou te
demontre jan nou anndan limanite. An 1946, lè Ayiti te manm fondatè
Nasyonzini, nou patisipe nan anrasinen règleman sou dwa moun. An 1986,
lè nou mete fen ak rejim bout di Duvalier a, nou redi volonte n pou
konstwi yon Leta dwa demokratik, kidonk yon Leta ki gen sousi pou
respekte diyite moun. Ki fè. Ayiti gen tout lejitimite pou poze
pwoblèm krim kont limanite.
Kolektif la esplike sans demach li a: se yon swaf pou lajistis, kidonk
pou laverite; Se yon fason pou patisipe nan ride nanchon an fè fas ak
listwa li, pase li rete ap sibi li oswa bouche je sou li. Ekzije pou
lajistis bay dizon li sou krim ki make ak anpil doulè lavi pèp nou,
ankouraje konpatriyòt nou yo reflechi sou fonsyonman diktati, sa pa gen
anyen arevwa ak tire vanjans.
Depi Kolektif la tanmen batay espesyal sa a kont enpinite, kont
mannigans pou todyè listwa, gen lòt vwa, isit ak lòtbo dlo, ki vini
mele ak vwa Kolektif la. Se konsa, ak konkou divès jiris entènasyonal1
gen yon dokiman jiridik ki prepare. Dokiman sa a, ki rele Amicus
(Amikis), se yon analiz sou lalwa ki vize ede otorite lajistis yo.
Dokiman an an montre kouman dosye Jean-Claude Duvalier a ka trete. Li
montre tou kouman koze ki ta vle fè kwè li ilegal pou chache jije
ansyen diktatè a pa kenbe, kit se parapòta lalwa ann Ayti, kit se
parapòta lalwa entènasyonal. Dokiman an demontre :
1. dwa entènasyonal valab epi aplike pou Ayiti ;
2. pa gen efase pou krim kont limanite, pa gen dele pou jije yo;
3. plen moun ki deklare yo sibi krim kont limanite anba rejim Jean-Claude Duvalier a ;
4. nan règleman lalwa ann Ayiti, gen krim ki ka konsidere tankou krim kont limanite ;
5. Jean-Claude Duvalier reskonsab ekzasyon Leta ayisyen yo ;
6. Lajistis ka pouswiv Jean-Claude Duvalier.
Konjonkti nasyonal la kontnye enkyetan parapòta dosye a. Espesyalman,
konjonti a fè poze kesyon sou volonte politik Leta genyen pou fè tout
sa ki nesesè pou pèmèt Lajistis fè travay li kòmsadwa. Ekzije pour
Jean-Claude Duvalier rann kont pou zak ki te komèt pandan 15 lane rèy
li an, se yon devwa moral.
Pòtoprens, 14 desanm 2011
Pou Kolektif la
Danièle Magloire
1 Patricia
Sellers (Patrisya Selèz), ansyen chef adjwen nan seksyon jiridik biwo
Prokirè pou Tribinal penal pou ansyen peyi Yougoslavi epi konseyèz
jiridik nan seksyon dwa fanm nan Wo Komisarya Nasyonzini sou Dwa Moun ;
Initiativ pou lajistis (Open Society Justice Initiative) epi Avoka san
frontyè Kanada (Avocats sans frontière Canada – ASFC).
Amicus - Analyz pou ede otorite Lajistis
Fich enfòmasyon
Jean-Claude Duvalier (Jan Klod Divalye) ka jije
(PDF)
16 janvye 2011, ansyen diktatè ayisyen an, Jean-Claude Duvalier ,
retounen nan peyi a apre 25 lane ekzil nan peyi Lafrans. Jounen jodi a,
gen plent ki depoze kont li nan lajistis pou zak koripsyon, tantativ
ansasinay, kidnaping, mete moun nan prison an gwo ponyèt. Avoka li yo
dekrete li ekzante devan lajistis pou zak ki te konmèt pandan 15 lane
pouvwa li a.Gwo piblisite fèt nan jounal ann Ayiti pou deplwòtonnen
esplikasyon sa a ki ta vle fè kwè krim yo efase, akòz lwa 1986 la sou
amnisti epi akòz atik 466 Kòd entriksyon kriminèl la (ki chita sou
Dekrè 4 jiyè 1988) ki ekzante yon krim apre 10 zan. Dapre koze sa yo,
lajistis peyi d Ayiti pa ta ka jije Jean-Claude Duvalier pou krim kont
limanite .
Gen yon lòt pozisyon ki kenbe pou di, yo kapab e yo dwe jije
Jean-Claude Duvalier ann Ayiti. Pozisyon s a a pi djanm , pase li chita
ni sou lwa entènasyonal, ni sou lwa nasyonal. Òganizasyon Inisyativ
pou lajistis (Open Society Justice Initiative) te lanse yon demach kote
avoka divès peyi te mete ansanm pou analize an detay lwa ki gen arevwa
ak dosye a. Dokiman sa a remèt bay otorite lajistis yo ann Ayiti. Non
save dokiman sa a, se Amicus (Amikis); ki vle di yon analiz sou lalwa ki
vize ede otorite lajistis yo. Analiz sa a kanpe sou 5 pwen sa yo: Lwa
entènasyonal valab ann Ayiti; Pa gen zafè amnisti, ni delè pour krim
kont limanite; Gen moun ki denonse krim kont limanite yo viktim sou
gouvènman Jean-Claude Duvalier a; Nan lalwa ann Ayiti gen krim ki ka
konsider tankou krim kont limanite; Jean-Claude Duvalier reskonsab zak
kriminèl Leta ayisyen konmèt.
Lwa entènasyonal valab ann Ayiti
Dapre Konstitisyon 1987 la ki an aplikasyon kounye a, lwa entènasyonal
yo fè pati lwa peyi a. Lwa entènasyonal yo ekzije pou tout Leta mennen
ankèt sou krim ki revolte konsyans limanite. Ayiti gen obligasyon pou
rele chalbarik dèyè krim kont limanite, jan sa prevwa nan 2 trete
entènasyonal enpòtan Ayiti ratifye, epi paske Ayiti se manm fondatè
Nasyonzini ki rekonèt sèten prensip, epitou paske Konstitisyon peyi a
mande sa.
Deske Ayiti pa siyen sèten trete entènasyonal, deske Ayiti pa rekonèt
otorite Tribinal penal entènasyonal, sa pa gen enpòtans.
Pa gen zafè amnisti, ni delè pou krim kont limanite
Avoka Jean-Claude Duvalier yo dekrete li ilegal pou trenen kliyan yo
devan lajistis kounye a. Sa ta ilegal akòz dizon atik 466 Kòd
entriksyon kriminèl la (ki parèt an 1988), ki di apre 10 zan fin pase
plent pa ka pote ankò pou yon krim. Men, dapre lwa entènasyonal yo,
delè sa a pa valab pou krim kont limanite ki te fèt sou rejim
Jean-Claude Duvalier a ; Sa ilegal, e sa pa ka dizon lalwa.
Krim kont limanite moun deklare yo te sibi sou rejim Jean-Claude Duvalier a
Deske krim yo te komèt nan lane 1970 ak 1980 yo, pa anpeche tribinal
ann Ayiti gen konpetasn pou jije yo. Depi nan epòk 1970 yo, divès
tribinal nan lemond antye te dekrete pa gen paspouki pou kalite krim sa
yo, dapre reèleman ki tabli nan lakoutim lalwa entènasyonal.
Depi nan lane 1970 dwa entènasyonal te dejà konsidere krim kont
limanite pou sa yo ye a. Kidonk, zòt pa ka plede ap di Jean-Claude
Duvalier pa t konnen lalwa te kondane zak sayo e ta kapab jije yo.
Ayiti te manm Nasyonzini lè Asanble jeneral la te adopte 5 Rezolisyon
ki pale sou pinisyon pou moun ki komèt krim kont limanite. Kòm chèf
Leta ayisyen, Jean-Claude Duvalier pa t ka pa gen konsyans sou
sitiyasyon an ; Li pa t ka pa konprann ke politik gouvènman li an t ap
franchi baryè krim kont limanite, lè pouvwa a te chita sou fèmen moun
nan prizon pou rezon politik, ekzile moun an gwo ponyèt, fè
ansasinay, òganize disparisyon opozan ak opozant, mete travo fòse oswa
esklavaj an plas.
Nan lalwa ann Ayiti gen krim ki ka konsider tankou krim kont limanite
Dapre lalwa, pa gen anyen ki enpoze otorite lajistis yo akize
Jean-Claude Duvalir kòm lotè krim ann Ayiti, epi demontre krim sa yo
gen makfabrik krim kont limanite, lè w konsidere zak yo te rantre nan
kad yon plan atak jeneral kont popilasyon sivil la. Sa tou vle di, ni
lwa jiyè 1988, ni atik 466 Kòd enstriksyon kriminèl la, sou dele 10
zan pou yon krim efase a, pa gen anyen arevwa ak dosye a.
Jan Klod Divalye reskonsab move zak Leta ayisyen
Divalye pote 3 kalite reskonsabilite pou move zak ki te konmèt nan peyi a, jan sa di nan ti rafrechi memwa ki fèt anvan an.
Premyeman : Jean-Claude Duvalier reskonsab kòm « lotè endirèk »,
paske krim yo te fèt anndan yon aparèy Leta li t ap dirije, depi
lajistis kapab montre rapò ki genyen an lòd yon chèf pase ak krim ki
te konmèt yo.
Dezyèmman : Chay reskonsabilite kapab tabli dapre prensip «
reskonsabilite yon konplis», lè yon chèf ankouraje ou byen patisipe
nan yon zak kriminèl. Atik 45 Kòd penal ayisyen an di gen 3 kondisyon
kote yo ka jije ou byen kondane you moun kòm konplis : premye kondisyon
an, se yon move zak ki gen rapò ak krim nan, osnon krim nan limenm;
Dezyèm kondisyon an, se yon zak konplisite anvan ou byen pandan krim
nan ap fèt la; Twazyèm kondisyon an, se entansyon kriminèl ou byen
patisipasyon ak tout konesans nan zak kriminèl la.
Twazyèmman, Jean-Claude Duvalier reskonsab pou krim yo akize l yo dapre
prensip «reskonsabilite kòm alatèt» ki tabli nan lakoutim dwa
entènasyonal. Dapre prensip sa a, manm yon kòmandman militè ak tout
lòt chèf an grad ki pa militè, pote reskonsabilite move zak solda
oswa polisye ki sou zòd yo ; Lè yo te okouran ou byen yo ta dwe
okouran ekzaksyon ki t ap komèt yo ; Lè yo yo pa t anpeche ekzaksyon
yo fèt ; Lè yo pa t pini lotè ekzaksyon yo apre yo vin okouran move
zak ki te komèt yo.
Konklizyon – Lajistis kapab jije Jean-Claude Duvalier
Ayiti gen kapasite ki nesesè pou jije krim kont limanite sou baz
prensip Konstitisyon li a, epitou akòz obligasyon entènasyonal san
kondisyon li genyen, dapre lwa penal entènasyonal ak lwa ki konsène
dwa moun. Kidonk, se yon devwa pou Ayiti sèvi ak tout mwayen li genyen
pou fè fas ak kesyon krim kont limanite a. Sa vle di, pou lajistis
pouswv Jean-Claude Duvalier, jije li, epi kondane li si li jwenn li
koupab.
Si Ayiti pa ka fè sa, li dwe ekstrade Jean-Claude Duvalier, ki vle di
voye l ale nan yon lòt peyi ki pare pou jije krim kont limanite. Nan ka
Jean-Claude Duvalier a, pa gen delè, ni amnisti, ni prensip dwa ki
enpoze reskonsab lajistis yo, tankou Jij enstriksyon ak Komisè
gouvènman, rekonèt Ayiti gen lwa ki pèmèt tribinal yo tabli sou krim
kont limanite ki konsène Jean-Claude Duvalier.
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