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Un acquis politique pourcombattre les discriminations et les violences de genre [vèsyon kreole pi ba] Depuis lacréation, le 8 novembre 1994, du Ministère à la Condition féminineet aux droits des femmes (Mcfdf),il faut, à chaque changement de pouvoir, que le mouvement des femmeshaïtiennes se mobilise pour dire Nonaux velléités de nier cet acquis politique. L’équipe du Président Michel Martelly ne se donne même pas la peine d’expliquer ce qui pourrait justifier la décision de fermer le Ministère à la Condition féminine. Au-delà des précautions de langage, c’est bien de disparition sur l’échiquier politique national qu’il s’agit, lorsque le Premier ministre désigné, M. Daniel-Gérard Rouzier, déclare que la Condition féminine sera intégrée au Ministère des Affaires sociales et du travail (Mast), sans moindrement préciser la nature de la structure en question. Pourquoi cette volonté de priver le pays d’un instrument politique qui a permis de faire des avancées notables en termes d’égalité des droits pour 52% de la population ? Différentes arguties ont été avancées auparavant pour prétendre fermer le Ministère à la Condition féminine. Il y a notamment lieu de retenir: la disponibilité budgétaire, l’inefficacité et l’inutilité. Disponibilité budgétaire: Pour 2010-2011, le budget du Ministère à la Condition féminine a été d’environ 37 millions de Gourdes. Ces montants ne sauraient en aucun cas sortir le pays du marasme économique. Inefficacité: Le ministère à la Condition féminine accuse certes des insuffisances, tout comme toutes les autres institutions de l’appareil d’État: Présidence, Primature, Parlement, Judicaire, ministères, mairies, collectivités territoriales et institutions indépendantes telles que le Conseil électoral, etc. - L’illettrisme et l’éducation au rabais sont des phénomènes patents. L’analphabétisme frappe davantage les femmes et les filles. La formation professionnelle est presque inexistante dans le secteur public.
- La grande majorité des populations n’a toujours pas accès, de manière continue et satisfaisante, aux soins de santé. La plupart des femmes accouchent sans assistance médicale. La mortalité maternelle est l’une des plus élevée au monde; Les familles monoparentales féminines sont légion dans le pays.
- L’insécurité alimentaire est une donnée avec laquelle doit compter les populations, en particulier les groupes marginalisés ruraux et suburbains où prédominent les femmes. Le droit à l’alimentation n’est pas respecté. La paysannerie ne bénéficie pas d’un encadrement apte à lui permettre de se relever dignement et efficacement.
- Les dysfonctionnements de la justice sont notoires. L’insécurité est un phénomène récurent, peu contrôlé.
Les ministères de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et de la justice, pour ne citer que ceux là, existent depuis fort longtemps, avec leurs faibles performances et l’absence d’esprit de service public Pourtant, il ne vient pas à l’idée d’un quelconque pouvoir de les fermer. Par contre, l’on menace de disparition l’une des institutions les plus récentes, le Ministère à la Condition féminine, qui pourtant a 17 ans d’existence. |