| Etat des lieux: Femmes et Vie économique |
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· Les femmes occupent une place importante dans l'économie haïtienne. Au prime abord, il est difficile de chiffrer la contribution des femmes à l’économie en raison de la nature «invisible » de leur travail. · Le secteur primaire demeure axé principalement sur la production agricole qui demeure le secteur occupant plus que 50% des populations. Malgré une défeminisation de l’agriculture , les femmes sont présentes tant au niveau du processus de production qu’au niveau de la transformation et de la commercialisation. Aussi, la présence des femmes dans ce secteur est sous évaluée, sous valorisée, et de ce fait, est de plus en plus compromise. · Le secteur secondaire est en pleine régression depuis plusieurs années. L’assemblage qui a connu une forte régression depuis 1986 est caractérisé par des conditions de travail précaires, et des manquements aux droits des travailleurs-euses. La majorité des ouvriers-ières dans ce secteur sont des femmes. · Le secteur tertiaire, qui comprend également l’informel, est le seul secteur qui soit en voie d'expansion. Face à la stagnation de l’économie et le manque d’opportunités d’emplois, le secteur informel a pris une extension majeure et demeure le lieu privilégié des femmes. Les activités de ce secteur tout en rapportant un faible revenu, demeurent tout de même, pour plusieurs femmes, le principale source de revenus pour faire face en partie aux charges sociales. Les femmes sont également majoritaires dans le domaine du travail domestique considéré comme une extension de leur rôle traditionnel dans le domaine de la reproduction . · Un fort taux d'occupation. En comparaison avec d'autres pays de la Caraïbe et de l'Amérique Latine, Haïti accuse un fort taux de femmes actives . · Une sous- estimation du travail et une sous valorisation de la contribution des femmes du fait de la nature invisible de la plus grande part de leur travail et le biais qui perdure dans les modes de calcul de la comptabilité nationale et de la contribution respective des hommes et des femmes. · Une répartition du travail fortement différenciée selon le genre et ce n'est que très récemment que des femmes commencent à investir des espaces qui étaient réservés autrefois aux hommes. · Une forte ségrégation inter et intra professionnelle du marché de travail où les femmes sont souvent cantonnées dans les filières informelles et précaires et/ou dans les occupations/postes ayant un faible taux de rémunération. · Un taux de rémunération inégal à celui des hommes pour un travail équivalent; En général, le revenu moyen des femmes est la moitié de celui des hommes . La féminisation de la pauvreté commence par cette inégalité et se renforce par l'inégalité d'opportunités dans les différents champs. · Un accès et niveau de contrôle inégal aux biens et ressources productives et à la formation nécessaire pour leur mise en valeur. Les femmes ne bénéficient pas de manière égale des opportunités offertes d’acquérir des ressources productives et lorsqu’elles ont l’accès, elles n’ont pas le contrôle. De même, elles n’ont pas un accès égal au savoir et savoir-faire permettant la mise en valeur des ressources · Un pourcentage élevé des femmes cheffes de ménage assumant seules les responsabilités productives et reproductives. 43% de foyers monoparentaux ont une femme à leur tête au niveau national . Ce taux est encore plus élevé en milieu urbain . · Une responsabilité économique inéquitable au sein des foyers. Même dans le cas des femmes en union, elles assument une responsabilité prépondérante dans la prise en charge sociale du foyer. · Les femmes ne jouissent pas d’un pouvoir économique comparable à l’importance de leur contribution économique. Les femmes haïtiennes, malgré leur importante contribution à l’économie nationale, ne jouissent pas d’un pouvoir de décision semblable sur l’affectation et l’utilisation des ressources économiques. Ainsi dans le champ économique, les principales caractéristiques de la condition féminine sont : une sous- estimation et sous- valorisation du travail des femmes, une structure de travail fortement segmentée et différenciée, un taux de rémunération inégal, un accès inéquitable aux biens et ressources, une responsabilité inéquitable des charges sociales, et un pouvoir économique inéquitable malgré un apport substantiel et significatif à l’économie. |